- parceque la révelation de l'abus se fait dans l'immense majorité des cas très tardivement, seul un infime pourcentage des crimes sexuels commis sur des enfants est jugé (moins de 1 %)en raison de la prescription qui equivaut à une quasi impunité des criminels.
-parceque la reconstruction de la victime,quel que soit le temps écoulé,passe par la reconnaissance de ce qu'elle a subi et la désignation du criminel qui doit être puni.
-parce que l'imprescriptibilité, dans la menace qu'elle constitue pour les abuseurs, protégera des enfants.
Arguments:
l'abus sexuel commis sur un enfant va bien au-delà d'un traumatisme physique immédiat.C'est tout son psychisme en pleine édification qui est dévasté.L'abus sexuel exerce des ravages souterrains à long terme,dont les repercussions sont innombrables sur la santé,l'affectivité et le devenir de la victime.L'abus sexuel s'accompagne d'un abus de pouvoir,d'un abus de confiance,et emprisonne la petite victime dans une violence inouie.
Honte, culpablilité,doute,sentiment de souillure,angoisse,perte de l'estime de soi, prennent toute la place.L'enfant ne se sent plus en sécurité et il redoute que cela recommence.les fondements de sa confiance en l'adulte et en ce monde sont détruits.
Souvent,pour survivre dans cette situation, l'enfant se coupe de ses sensations et se dissocie.
l'amnésie post-traumatique lui permet de survivre, l'abus est enfoui,refoulé durant des années,des décennies,mais jamais éffacé.
En profondeur les ravages ne s'arrêteront pas aux seules atteintes subies par son corps.Des états dépressifs s'installent;beaucoup,même, envisagent le suicide.
l'anxiété, l'inadaptation vécues au quotidien, l'impossibilité de se détendre, de vivre pleinement ses émotions,que ce soit de la joie ou de la peine, des difficultés relationnelles majeures, et fréquemment, plus tard, l'incapacité de connaître une relation amoureuse épanouie et de construire une vie de couple.
Divers problèmes de santé surviennent,qui peuvent persister tout au long de la vie d'adulte : dépression,insomnies,cauchemards, phobies, incontinence,dépendances (alcool, drogues...) , troubles des conduites alimentaires (anorexie ou boulimie) , mutilations, conduites auto destrustrices....ET puis il y a celles et ceux qui semblent fonctionner normalement mais sont prisonniers de leur secret, dans une cruelle solitude, se protegeant tant bien que mal derrrière une image qui ne leur correspond pas à leur réalité : UNE ENFANCE BRISEE
La plupart des abus ne se révéleront que bien plus tard,le plus souvent après des années voire des décennies, lorsque la victime devenue adulte aura, enfin, un interlocuteur de confiance et les moyens d'exprimer l'indicible.
pourquoi ? Parce que l'amnésie ou le déni est la seule réponse de survie à l'horreur de l'abus sexuel, et que ce refoulement dans l'inconscient se prolonge chez un grand nombre de victimes jusqu'à un âge avancé,conduisant au delà du délai de prescription...parce que le milieu bien souvent protège l'agresseur.
Parce que la légende est encore bien ancrée, qu'il faut oublier et que la plainte n'est que vengeance,alors que nul ne s'offusque de voir déposer une plainte, même tardive, pour un crime financier, par exemple.
Parce que la parole de l'enfant, quand elle est possible, est fréquemment mise en doute.
mais aussi parce que l'ampleur des crimes sexuels sur des enfants est telle que la société dans l'ensemble se voile la face.
En éffet, comment concevoir qu'un crime qui laisse des séquelles à vie sur la victime, demeure impuni parce que la plainte survient au-delà de la prescription ?
Est ce à dire que la société et l'institution considèrent que le temps a éffacé, voire réparé le préjudice ?
pour la victime ,quel désaveu !
C'est la renvoyer une seconde fois au silence et à l'oubli; c'est tout bonnement la condamner au néant.
Tandis que l'agresseur, lui, peut tranquillment tourner la page...ET RECOMMMENCER
Les chiffres de l'ODAS ( observatoire décentralisé d'action sociale ) indiquent que le nombre de signalements pour abus sexuels sur les enfants tourne autour de 5500 par an en moyenne, sur les 5 dernières années.
le total de tous ces signalements effectués depuis que l'état a installé cette procédure ne dépasse donc pas 1% du nombre réel d'enfants victimes d'abus sexuels en France ( abus perpétrés le plus souvent au sein de la famille ou par des personnes connues de l'enfant, il faut le souligner).
AU NOM DE L'ENFANCE VIOLEE,
Victimes et proches de victimes de l'inceste et de pédophilie.
Daniel Boirat
Marie-Dominique Lecluse
Jean-François Lecluse.